Les mondes du Welfare

Un article de paru dans le N°2 de 2001 de revue "Raisons politique" sur le thème repenser l'Etat social. L'auteur (Robert E. Goodin est professeur associé de théorie politique et sociale et de philosophie à la Research School of Social Sciences de l’Australian National University) en synthèse de plus de dix ans d'études comparatives sur des politiques relevant des trois régimes
de welfare : libéral, corporatiste et social-démocrate  conclut sur les raisons de la supériorité des politiques d'état d'inspiration sociale démocrate.



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Les théoriciens de l’État providence considèrent traditionnellement qu’il existe trois grands types de régimes en matière de welfare : libéral, corporatiste et social-démocrate. Les spécialistes des formes nationales de l’État providence et les experts politiques affirment, eux, qu’il existe quantité de nuances possibles au sein de chacun de ces modèles et que les différences de degré peuvent être suffisamment importantes pour constituer des différences de nature. Les spécialistes des aires régionales expliquent qu’il existe un « quatrième monde », option très différente d’aménagement de l’État providence dont la typologie des « trois mondes » ne rendrait pas compte, qu’il s’agisse des régimes familialistes de l’Europe du Sud, communautaires de l’Asie confucéenne ou des régimes de « soutien de famille » propres à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande.

D’autres théoriciens du social, plus visionnaires, suggèrent d’autres options également viables, mais qui n’ont pas encore été mises en œuvre.

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Avant de revenir sur ces différentes typologies, qu’on me permette une pointe d’ironie. Parmi les trois modèles classiques de régimes de welfare, identifiés par Esping-Andersen et par Titmuss avant lui, celui qui a de loin le mieux fonctionné – quel que soit le critère de performance que l’on retienne – est celui qui semble aujourd’hui le moins viable sur le plan politique, que ce soit dans sa patrie nordique d’origine ou ailleurs.

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Dans The Real Worlds of Welfare Capitalism, mes collègues et moi-même avons étudié les expériences effectivement vécues sur une période de dix ans dans les sociétés (les seules pour lesquelles ces données sont disponibles pour cette période) qui illustrent chacun des trois modèles. Nos conclusions montrent que le régime social-démocrate est au moins aussi bon que les autres en regard de chacun des critères d’évaluation qui ont pu être utilisés pour les régimes de welfare, et qu’il est meilleur que les autres en regard de la plupart de ces critères. Si l’on considère que l’État providence doit remédier à la pauvreté ou aux inégalités, à l’exclusion ou à l’insécurité, les régimes sociaux-démocrates apparaissent comme les meilleurs. Même si l’on ne retient comme principal objectif que la maximisation du revenu moyen par habitant (qualifié de « médian »), le régime de welfare social-démocrate est largement préférable au régime libéral, quelles que soient les performances économiques dont celui-ci se targue. Ces conclusions ont été prises en compte et même promues par la Banque mondiale comme par au moins un des lauréats du prix Nobel d’économie.

Espérons qu’elles finiront par influencer le débat à l’échelle mondiale en permettant la résurrection du vieux modèle social-démocrate en tant que solution politique viable. Les modèles étatistes de type social-démocrate ont fait l’objet ces dernières années d’un flot de critiques souvent infondées, qui ont fini par les discréditer politiquement quelles que soient leurs performances réelles.

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C’est une dimension importante du présent essai. Les politiques publiques fondées sur une évaluation scientifique des expériences passées sont un idéal auquel on rend souvent hommage aujourd’hui. Au niveau des choix micropolitiques, cette rhétorique a parfois des effets concrets. Mais les choix macropolitiques entre des systèmes de politiques publiques complètement différents semblent être faits non seulement dans l’ignorance délibérée de toutes preuves, mais aussi en flagrante contradiction avec elles. 


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Mardi 29 Mai 2018



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Lundi 27 Avril 2020 - 17:24 Défendre "une Culture Vive"




LE BILLET

Municipales, fin ! Le PS animera, au cœur de la cité, une opposition active, critique et proposante.

Saint-Malo a élu un maire. Quelque particulière qu'elle fût, l'élection de Monsieur Gilles Lurton a pleinement répondu aux exigences d'un scrutin démocratique constitutionnel.

Le décrochage de la participation citoyenne rend historique, ce scrutin. Chacun de ceux qui animent la vie collective, depuis la belle idée de représentation de la volonté commune, est appelé à s'interroger sur le rôle qui peut être le sien au service de la restauration d'un lien civique des citoyens entre eux et des citoyens aux institutions républicaines.
 
Ce lien s'est incontestablement distendu. 
 
La persévérance individualiste, communautariste, corporatiste, claniste, tient aujourd'hui de plus en plus lieu de boussole au coeur de la communauté politique. La colère, l'amertume, l'adulation sans frein, la réaction instantanée, le procès permanent des uns par les autres, semblent chaque jour y prendre davantage le pas sur la raison éclairée par le long temps, la mémoire, la patience, la compréhension posée de la nature, de l'histoire et de la dignité d'autrui.
 
Saint-Malo a élu un maire. Quelque particulière qu'elle fût, l'élection de Monsieur Gilles Lurton a pleinement répondu aux exigences d'un scrutin démocratique constitutionnel.
 
Nul ne saurait par conséquent remettre en cause sans imprudence, sans légèreté, sans inconséquence, la légitimité du nouvel exécutif.

​Nous saluons le choix des électeurs : il s'impose à tous les démocrates.

Mais l'heure est à la mobilisation de tout un chacun, quelle que soit son orientation politique, sociale ou sociétale. Il convient aujourd'hui de redonner toute sa force à ce qui demeure moderne, neuf, transgressif, profondément exceptionnel :  l'idée d'un destin commun apaisé, fraternel, solidaire, à la fois fondé sur la volonté des citoyens de construire par et pour autrui et sur l'engagement des institutions qu'ils échafaudent à répondre pleinement à cette volonté. 
 
Le Parti socialiste malouin, humblement, à sa place, entend tirer toutes les leçons d'une situation dont il ne veut ni dissimuler -ni se dissimuler- le caractère critique.
 
Il prendra dans les jours, les semaines et les mois qui viennent, loin des combinaisons politiques superficielles, loin des sirènes démagogiques irresponsables, des initiatives visant à la démonstration de la haute vertu de la vie civique et des valeurs républicaines.
 
 
 

Alain Jaunault
28/06/2020

Vu, lu, entendu

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