Les citoyennes et citoyens sont formidables !

Voici venu le temps de la démocratie locale participative, du moins si on en croit les professions de foi de toutes les têtes de listes qui concourent à l'élection municipale à Saint-Malo. Donc en 2020, la mode est aux "groupes d'expression citoyenne".



Fort bien, c'est un bon départ, mais les citoyen.ne.s ne demandent pas seulement à être conviés à de grand "brain storming", ils et elles veulent que leur parole soit entendue, donc prise en compte par les politiques qui les invitent à s'exprimer.
 
A Saint-Malo, depuis quelques années, des habitant.e.s n'ont pas attendu que les politiques organisent leur expression. Ils/elles se débrouillent très bien pour le faire en s'associant pour protester, élaborer et négocier des propositions alternatives. La campagne électorale venue, ces associations savent "convoquer" les candidat.e.s pour qu'ils écoutent leurs attentes et précisent les politiques qu'ils s'engagent à mener. On l'a bien vu cette semaine avec les réunions organisées par le comité de quartier d'intra muros, l'association de défense des Nielles, l'association "Rothéneuf environnement" et ce n'est pas fini...
 
L'émergence de ce "lobbying citoyen" comme le désigne et l'appel de ses vœux Cyril Dion, bouleverse profondément le jeu politique et déstabilise les partis politiques. Il nous rappelle utilement que ce sont les citoyens et citoyennes qui pour le bien commun ou pour des intérêts privés, vivent et forgent la ville, dessinent son avenir.
 
Ils ou elles le font par leur implication sociale, économique, culturelle. Ils mobilisent leur force de travail, d'initiative, d'innovation, dans tous les domaines qui font société.  Ils et elles n'attendent pas que les élus de la ville fassent à leur place, mais qu'ils construisent un cadre politique favorable.
 
Les citoyennes et citoyens engagés dans la cité ne rejettent pas en soi "la politique", ils en font dans l'action, au jour le jour là où ils travaillent, là où ils entreprennent, là où ils créent, là où ils militent, là où ils habitent et vivent en intelligence... Et quand ils votent, les "citoyen.ne.s / électeurs.trices" donnent mission aux "citoyen.ne.s / candidat.e.s" d'assurer, en leur nom, le gouvernement de la cité. Au delà, ils ou elles demandent d'horizontaliser, de rapprocher, de rendre permanente la relation, tout au long du mandat, pour éclairer, contrôler, évaluer la décision politique.

APPRENDRE A FAIRE DEMOCRATIE AUTREMENT

Il ne s'agit pas d'opposer la "vieille politique" au "nouveau monde" mais juste d'avoir le courage d'imaginer et d'expérimenter de meilleures façons de "faire démocratie". Bien sûr, en repensant le fonctionnement des institutions mais surtout, en acceptant d'"apprendre en faisant" d'autres formes de gouvernement. Cette démarche d'apprentissage expérimental doit être conduite avec méthode pour prévenir les risques et éviter les impasses : ne l'oublions pas, l'enfer démocratique est pavé de bonnes intentions, l'histoire nous l'apprend !
 
Les partis politiques, piliers avec les syndicats et les associations de la vie démocratique, sont bousculés dans leurs principes et leurs modes de fonctionnement et c'est une chance. Ils ne peuvent plus être de simples écuries de candidats professionnalisés. Ils doivent retrouver leur fonction première de réflexion, d'éducation populaire et de formation d'élus. Le parti est le lieu où s'appréhende la complexité, s'élaborent des visions politiques large du local au global. Leur existence et leur vitalité est nécessaire pour ne pas réduire le champ d'action démocratique à la préservation des intérêts communautaires, catégoriels ou localistes. Mais ces partis refondés ne peuvent plus être des chapelles détentrices de la vérité. Ils doivent résister à la tentation hégémonique. Faire démocratie aujourd'hui c'est  construire en permanence des alliances de projets et acquérir, en devenant majoritaire, le pouvoir de les mettre en œuvre.
 
Voila ce qui fonde notre engagement pour une démocratie "co-opérative" au sein de la plateforme politique et citoyenne "Saint-Malo, cité verte et solidaire". Inédite, risquée, notre démarche a eu et aura des ratées. Nous voulons faire autrement, mais nous ne savons pas encore bien le faire !
 
Les élus expérimentés, parfois professionnels de la politique, se sont peu ou ne sont plus engagés dans l'aventure. C'est dommageable car leur expérience et leur expertise de l'administration publique et du processus politique est nécessaire.

Les 43 personnes qui composeront la liste "Saint-Malo, cité verte et solidaire", sont des citoyennes et des citoyens impliqués dans la vie politique et sociale de notre ville, adhérents d'un parti, d'un syndicat, d'une ou plusieurs associations, ou pas... On ne trouve pas de sachants autoproclamés dans ce groupe, juste des experts du quotidien avides d'apprendre, en recherche et à l'écoute : les réunions citoyennes les plus courues de la plateforme sont celles qui ont été animées par des élus ou des  scientifiques venant partager les enseignements de leurs expériences et de leurs recherches. Ces femmes et ces hommes n'ont pas de plan de carrière. Leur seul plan collectif est de contribuer, le temps d'un mandat, à faire de "Saint-Malo, une cité verte et solidaire" pour et avec ses habitant.e.s.

Voila pourquoi nous les soutiendrons.
Mardi 4 Février 2020
Alain Jaunault



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Jeudi 18 Juin 2020 - 15:50 Passage de relais.




LE BILLET

Municipales, fin ! Le PS animera, au cœur de la cité, une opposition active, critique et proposante.

Saint-Malo a élu un maire. Quelque particulière qu'elle fût, l'élection de Monsieur Gilles Lurton a pleinement répondu aux exigences d'un scrutin démocratique constitutionnel.

Le décrochage de la participation citoyenne rend historique, ce scrutin. Chacun de ceux qui animent la vie collective, depuis la belle idée de représentation de la volonté commune, est appelé à s'interroger sur le rôle qui peut être le sien au service de la restauration d'un lien civique des citoyens entre eux et des citoyens aux institutions républicaines.
 
Ce lien s'est incontestablement distendu. 
 
La persévérance individualiste, communautariste, corporatiste, claniste, tient aujourd'hui de plus en plus lieu de boussole au coeur de la communauté politique. La colère, l'amertume, l'adulation sans frein, la réaction instantanée, le procès permanent des uns par les autres, semblent chaque jour y prendre davantage le pas sur la raison éclairée par le long temps, la mémoire, la patience, la compréhension posée de la nature, de l'histoire et de la dignité d'autrui.
 
Saint-Malo a élu un maire. Quelque particulière qu'elle fût, l'élection de Monsieur Gilles Lurton a pleinement répondu aux exigences d'un scrutin démocratique constitutionnel.
 
Nul ne saurait par conséquent remettre en cause sans imprudence, sans légèreté, sans inconséquence, la légitimité du nouvel exécutif.

​Nous saluons le choix des électeurs : il s'impose à tous les démocrates.

Mais l'heure est à la mobilisation de tout un chacun, quelle que soit son orientation politique, sociale ou sociétale. Il convient aujourd'hui de redonner toute sa force à ce qui demeure moderne, neuf, transgressif, profondément exceptionnel :  l'idée d'un destin commun apaisé, fraternel, solidaire, à la fois fondé sur la volonté des citoyens de construire par et pour autrui et sur l'engagement des institutions qu'ils échafaudent à répondre pleinement à cette volonté. 
 
Le Parti socialiste malouin, humblement, à sa place, entend tirer toutes les leçons d'une situation dont il ne veut ni dissimuler -ni se dissimuler- le caractère critique.
 
Il prendra dans les jours, les semaines et les mois qui viennent, loin des combinaisons politiques superficielles, loin des sirènes démagogiques irresponsables, des initiatives visant à la démonstration de la haute vertu de la vie civique et des valeurs républicaines.
 
 
 

Alain Jaunault
28/06/2020

Vu, lu, entendu

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04/07/2018