La servicialisation du travail à l'heure des plateformes numériques.

La culture et l’ethos du numérique ont été bâtis sur un malentendu foncier : que le modèle de la libre entreprise « californienne » porterait une idéologie qui accommode en même temps les droites libérales pro-marché et les gauches libertaires issues de la contre-culture du xxe siècle. En réalité, le numérique que nous connaissons et sa philosophie de l’activité travaillée sont nés en réaction à ces aspirations et en représentent le démantèlement.



Dans cet article paru dans la revue Esprit de Mai 2019, Antonio Casilli (Maître de conférences en humanités numériques à Télécom ParisTech et chercheur au Centre Edgar-Morin de l’EHESS) démonte le mythe d'une "classe sociale virtuelle"
Voués à devenir l’équivalent de l’élite des ouvriers spécialisés du xxe siècle ces «artisans hi-tech» seraient non seulement bien payés, mais auraient aussi une considérable marge d’autonomie dans le choix du contenu, du lieu et du calendrier de leur travail. Imbibés des valeurs de la contre-culture hippie californienne, ils brouillent la frontière entre emploi et liberté créative.
Mais la réalité générale du travail et des rapports de classe dans l'économie numérique est bien éloignée de cette représentation purement idéologique. Les travailleurs précaires de chez Amazon donnent une autre image de la classe ouvrière à l'heure de l'économie numérique et virtuelle :
Payés à la pièce, ils étiquettent des images, ils copient des bouts de texte, ils enregistrent de courts fichiers audio. Ils améliorent ainsi des algorithmes et nourrissent des bases de données.

Comme leurs homologues de la «classe virtuelle», ils n’ont pas de garanties d’avoir un emploi. Ils travaillent «quand ils en ont envie». Mais leurs choix sont limités à des tâches simples et fragmentées qui ne nécessitent pas de compétences avancées, leurs rythmes sont dictés par la logique impitoyable du flux tendu et leurs rétributions sont un salaire de la faim. Ils ne sont pas des sublimes, mais des «tâcherons» des temps modernes. «Grosso modo, conclut Jeff Bezos, c’est de l’humain-en-tant-que-service.»


Lundi 27 Avril 2020
Alain Jaunault



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Lundi 27 Avril 2020 - 17:24 Défendre "une Culture Vive"




LE BILLET

Municipales, fin ! Le PS animera, au cœur de la cité, une opposition active, critique et proposante.

Saint-Malo a élu un maire. Quelque particulière qu'elle fût, l'élection de Monsieur Gilles Lurton a pleinement répondu aux exigences d'un scrutin démocratique constitutionnel.

Le décrochage de la participation citoyenne rend historique, ce scrutin. Chacun de ceux qui animent la vie collective, depuis la belle idée de représentation de la volonté commune, est appelé à s'interroger sur le rôle qui peut être le sien au service de la restauration d'un lien civique des citoyens entre eux et des citoyens aux institutions républicaines.
 
Ce lien s'est incontestablement distendu. 
 
La persévérance individualiste, communautariste, corporatiste, claniste, tient aujourd'hui de plus en plus lieu de boussole au coeur de la communauté politique. La colère, l'amertume, l'adulation sans frein, la réaction instantanée, le procès permanent des uns par les autres, semblent chaque jour y prendre davantage le pas sur la raison éclairée par le long temps, la mémoire, la patience, la compréhension posée de la nature, de l'histoire et de la dignité d'autrui.
 
Saint-Malo a élu un maire. Quelque particulière qu'elle fût, l'élection de Monsieur Gilles Lurton a pleinement répondu aux exigences d'un scrutin démocratique constitutionnel.
 
Nul ne saurait par conséquent remettre en cause sans imprudence, sans légèreté, sans inconséquence, la légitimité du nouvel exécutif.

​Nous saluons le choix des électeurs : il s'impose à tous les démocrates.

Mais l'heure est à la mobilisation de tout un chacun, quelle que soit son orientation politique, sociale ou sociétale. Il convient aujourd'hui de redonner toute sa force à ce qui demeure moderne, neuf, transgressif, profondément exceptionnel :  l'idée d'un destin commun apaisé, fraternel, solidaire, à la fois fondé sur la volonté des citoyens de construire par et pour autrui et sur l'engagement des institutions qu'ils échafaudent à répondre pleinement à cette volonté. 
 
Le Parti socialiste malouin, humblement, à sa place, entend tirer toutes les leçons d'une situation dont il ne veut ni dissimuler -ni se dissimuler- le caractère critique.
 
Il prendra dans les jours, les semaines et les mois qui viennent, loin des combinaisons politiques superficielles, loin des sirènes démagogiques irresponsables, des initiatives visant à la démonstration de la haute vertu de la vie civique et des valeurs républicaines.
 
 
 

Alain Jaunault
28/06/2020

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