Fin de congrès, vu de Saint Malo.

Voila à peine un an nous enclenchions la dernière ligne droite du marathon électorale qui verra l'échec de notre candidat à la présidentielle Benoit Hamon, notre effondrement aux législatives et laissera notre Parti Socialiste exsangue. Les causes de ce désastre sont complexes et profondes. A Saint-Malo comment, dans quelles perspectives, sortons nous du processus de congrès qui s'achève.



Les causes de la défaite ne peuvent être recherchées seulement dans le quinquennat ou dans la campagne présidentielle. Elles remontent bien plus loin, dans l'affaissement progressif de notre capacité à penser et agir une alternative crédible à la doxa néo-libérale.

Bien sûr, en ce qui concerne le quinquennat, difficile d'échapper à la tentation d'instruire des procès : contre les députés "frondeurs" qui pourtant furent de vrais lanceurs d'alertes annonciateurs des effets de notre déconnexion avec notre base militante et électorale ; contre les ministres "socio-libéraux" réformateurs assumés mais trop empressés à déstabiliser acquis sociaux et droit du travail...  contre un président faisant front courageusement mais déstabilisé par le terrorisme et qui avec la déchéance de nationalité, a pris le risque - à contre valeur et pour une hypothétique union nationale - de porter une atteinte profonde aux libertés démocratiques. Contre enfin un appareil politique aphone et assujetti à l'exécutif, incapable, dans la période, de jouer son rôle de stabilisateur démocratique.

Pour la campagne électorale, certains - qui ne furent pas toujours les plus empressés soutien du candidat - ne manquent pas d'imputer la responsabilité de l'échec électoral à Benoit Hamon, à son programme et à un défaut de stratégie et de pilotage de la campagne par son équipe. Ainsi oublie-t-on que porté par la base populaire des militant.e.s et sympathisant.e.s du parti qui se sont exprimé.e.s lors des primaires (à Saint Malo 1200 sur 2000 votants), Benoit Hamon a su - et ce fut une très bonne surprise - proposer un renouvellement de notre logiciel politique, une rénovation de notre pensée et de nos analyses économiques et socio-politiques.  Hélas trop tard, au cours d'une campagne retardée et éclair, donc sans que cela soit ancré, au sein du parti et dans l'opinion, par un débat en profondeur et au long cour. 

C'est bien cette limite de renouvellement de la pensée et du débat, en interne et avec toute la gauche, qui est la source principale de notre échec. Cela concerne toute la sociale démocratie Européenne et au delà, une grande part de celles et ceux qui s'inscrivent dans l'histoire et la tradition socialiste (qu'ils soient d'inspiration marxiste, utopiste, libertaire... première ou seconde gauche...). Nous n'avons plus su collectivement et de manière ouverte, penser, structurer et mettre en pratique des propositions et une alternative politique crédible aux politiques néo-libérales qui dominent l'économie mondialisée. 

Nous ne savons plus depuis longtemps, comme le disait justement Benoit Hamon, proposer un "futur désirable" et crédible pour la grande majorité des citoyens qui subissent l'effet des crises à répétition du capitalisme et leurs effets destructeurs sur l'homme et son environnement ; des citoyens qui, et c'est peut être pire encore, ne savent plus comment et avec qui résister et combattre pour infléchir le cour des choses.

L'impossible analyse des causes !

L'analyse des causes n'a pas été faite méthodiquement mais était-ce possible ? Et est-ce finalement nécessaire, tant le diagnostic de notre faiblesse à penser et à conduire un débat constructeur de solutions novatrices ne souffre plus de discussion.

Sur les quatre dernier mois, tout au long du processus du congrès, l'urgence était de sauver l'appareil, l'instrument politique commun aux socialistes, "d'éviter, en quelque sorte, de jeter le bébé avec l'eau du bain"!  Rien d'étonnant alors, ni de choquant, à ce que ce soit les "grands élus locaux", appuyés sur le réseau des permanents et secrétaires fédéraux contribuant souvent à structurer leur influence, qui se soient employés à conduire le processus de congrès à son terme. Cela a au moins permis aux quelques 30 000 militants qui ne nous avaient pas encore quitté d'exprimer leur attachement au parti. C'est en cela que l'on peut dire, comme la plupart de observateurs le font, que le parti n'est pas mort, 'Il bouge encore" ! 

Mais maintenant comment faire concrètement pour que notre "bien commun", le Parti Socialiste, renoue avec sa mission première : être un creuset bouillonnant d'analyse et réflexion, de production d'idées et de solutions, de formation et d'appui à des citoyens qui veulent s'engager et prendre des responsabilités politiques (militants, élus...) pour transformer la société ; redevienne un vecteur entre les citoyens et les élus, garant des engagements pris ?

Une chose est sure ce ne sera pas en se recroquevillant sur le dernier carré des braves, blottis autour des élus qui nous restent, mais au contraire en ouvrant largement les portes et les fenêtres en recherche d'alliances et de convergences d'idées et de projets. A 6 % nous ne pouvons plus prétendre être un pivot structurant de la gauche et cette faiblesse pourrait bien être une force, au moment où les citoyens sont plus en recherche de plateforme que de guides. 

La démission de Benoit Hamon et de ses soutiens, une perte de substance.

Fin de congrès, vu de Saint Malo.
On ne peut ignorer un fait majeur et ses conséquences sur la capacité du parti à renouveler son logiciel et à trouver sa place : le départ, assez massif et progressif depuis un an, derrière Benoit Hamon et son équipe, d'une part non négligeable de ceux qui constituaient l'aile gauche organisée du parti avec une proportion importante de jeunes militants adhérents ou issus du MJS. Ils se retrouvent au sein du mouvement Génération.s en gestation qui devrait d'ici Juin accoucher d'un nouveau parti dont l'ambition annoncée sera de prendre la place entre Macron et Mélanchon, finalement un espace qu'occupent aussi le PS, le PC, EELV et d'autres plus petites organisations comme les partis régionalistes de gauche (UDB en Bretagne), Nouvelle Donne, Le MRC...

Tous les soutiens de Benoit Hamon lors de la présidentielle, et au delà ceux qui se retrouvaient à la gauche du parti n'ont pas quitté le parti. Emmanuel Maurel (et à moindre titre Luc Carvounas) a maintenu lors du congrès l'expression de ces militants (Pierre Site et Alain Jaunault en ont porté les couleurs dans la section). Mais ces militants se retrouvent aujourd'hui tiraillés entre leur attachement au "vieux parti "et leur intérêt et sympathie pour la dynamique que cherche à impulser Génération.s. Cela d'autant plus qu'ils ou elles en partagent pour l'essentiel le corpus d'idées et de projets, si ce n'est de méthode.

Là encore le procès contre "les renégats" apparaîtra vite pour ce qu'il est : vaine stratégie de citadelle assiégée ; expression d'une impuissance et d'une incapacité à s'ouvrir à l'indispensable confrontation d'idées pour recréer des convergences et l'union des forces de gauche. 

La section Saint-Malo Dinard, affaiblie mais en ordre de marche

Fin de congrès, vu de Saint Malo.
A Saint-Malo, la section du parti socialiste a  majoritairement soutenu la candidature de Benoit HAMON à la primaire et conduit avec enthousiasme la campagne de la présidentielle en s'unissant avec EELV. Pour les élections législatives, la section a réussi à mettre sur pieds avec ses partenaires une des rares listes d'unions de la gauche, "La Gauche Nouvelle". autour de la candidature de Solenn Hallou (titulaire, PC) Alexandra Thierry Thouré (suppléante, PS) et Cyrille Leudière (directeur de campagne, EELV). 

C'est dans le contexte, avec la volonté de poursuivre cette dynamique, que le débat du congrès s'est déroulé dans la section. Nous avons regretté le départ d'Isabelle THOMAS qui a choisi de rejoindre Benoit HAMON et de démissionner du PS. Tant que la double appartenance était tolérée (de part et d'autre) plusieurs camarades - dont Pierre Site (élu municipal) et Alain Jaunault (secrétaire de section) - ont participé aux réunions du groupe local Génération.S coordonné par Pierre HACHET. Enfin notons que Christine HERVE, conseillère municipale a choisi de rejoindre les rangs de LRM, ce qui constitue une clarification salutaire. 

Au terme du congrès la section de Saint-Malo Dinard est en ordre de marche (la couverture territoriale a été étendue par décision du conseil fédéral).  Alain Jaunault, fidèle à son engagement et à sa responsabilité de secrétaire de section, a organisé et animé le processus du congrès en assurant l’expression et le débat entre tous les adhérents, autour des 4 textes d’orientation. Les votes ont permis de clarifier la situation dans la section : sur 65 adhérent(e)s en fichier depuis 2015,  23 ont renouvelé leur adhésion en 2018. Ils/elles ont choisi, au premier tour, les textes d’orientation de Emmanuel Maurel (41,2 %), Ollivier FAURE (35,3 %), Stéphane Le FOLL (23,5 %), et élu très majoritairement (75%) Ollivier FAURE au second tour.
 

Un engagement clairement à gauche pour le secrétaire de section réélu.

Fin de congrès, vu de Saint Malo.
Ce Mardi 17 Avril, Alain JAUNAULT, secrétaire sortant était seul à se présenter, Christian BAILLEUL s'étant désisté en sa faveur. L'expression de confiance de l'ensemble des nouveaux membres du bureau de section l'a encouragé à demander le renouvellement de son mandat. Il a été élu à l'unanimité des voix exprimées (13 sur les 23 adhérents à jour de leurs cotisations) sur la base d'un engagement clair exprimé dans sa profession de foi : " Je porterai localement (sur le Pays de Saint-Malo et Dinard) une ligne politique clairement à gauche dans la poursuite de ce que nous avons construit lors des élections présidentielles et législatives. Mon objectif est :
-> de parler avec et rassembler le maximum des électeurs-trices qui lors de la primaire se sont déplacé(e)s (plus de 2000) et ont soutenu le programme de notre candidat à la présidentielle (plus de 1200) ; 
-> de poursuivre et concrétiser, pour les prochaines élections locales, la dynamique d’union dans l’esprit de " La Gauche Nouvelle" esquissée lors les élections législatives avec EELV et le PC, à étendre au delà à l'UDB notamment et en recherchant bien sûr les meilleures convergences - en toute clarté - avec les camarades et sympathisants qui ont été à nos côtés lors de la primaire et de la présidentielle et qui se retrouvent dans le groupe local Génération.s.
->  faire que le PS à Saint-Malo soit présent sur tous les fronts où la gauche se doit de proposer et agir, à l'écoute et en soutien des acteurs qui s'engagent, proposent et expérimentent sur le terrain social, culturel, économique, écologique... Nous parlerons et avons vocation à agir avec tous ceux qui à gauche combattent la politique des droites au gouvernement et proposent des alternatives aux gouvernances libérales;
 
J’agirai donc selon mes convictions. La grande masse des Français des classes populaires et moyennes a besoin d’une force nécessairement plurielle et ouverte à toutes les énergies émancipatrices et novatrices, clairement à gauche, capable de s’unir pour gouverner et changer la donne, en France et en Europe.

Au pays de Saint-Malo Dinard nous contribuerons - à notre place, selon nos forces et avec tous ceux qui le souhaitent - à élaborer et conduire des projets de territoire visant à développer le mieux vivre et le mieux travailler, en commun(s) et en solidarité. Pour cela nous apprendrons de l’expérience des nombreux élus qui dans des collectivités dirigées par le PS et plus largement par des élus de la gauche sociale, écologiste et des militants associatifs, concrètement changent la vie des habitants. "


La section de Saint-Malo Dinard ne sera pas coupée de la vie du parti : avec Christian BAILLEUL (texte Faure) et Pierre SITE ( texte Maurel) , Alain Jaunault  siègera au conseil Fédéral, un des deux secrétaires de section représentant la minorité. Il précise : "Contrairement à mon précédent mandat où je me suis tenu à distance de la Fédération, j’envisage une implication plus forte dans ses instances. Je n’y serai pas  opposant systématique mais proposant déterminé."
Mercredi 18 Avril 2018



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Samedi 8 Août 2020 - 17:39 A la mémoire de Philippe Frémaux




LE BILLET

Municipales, fin ! Le PS animera, au cœur de la cité, une opposition active, critique et proposante.

Saint-Malo a élu un maire. Quelque particulière qu'elle fût, l'élection de Monsieur Gilles Lurton a pleinement répondu aux exigences d'un scrutin démocratique constitutionnel.

Le décrochage de la participation citoyenne rend historique, ce scrutin. Chacun de ceux qui animent la vie collective, depuis la belle idée de représentation de la volonté commune, est appelé à s'interroger sur le rôle qui peut être le sien au service de la restauration d'un lien civique des citoyens entre eux et des citoyens aux institutions républicaines.
 
Ce lien s'est incontestablement distendu. 
 
La persévérance individualiste, communautariste, corporatiste, claniste, tient aujourd'hui de plus en plus lieu de boussole au coeur de la communauté politique. La colère, l'amertume, l'adulation sans frein, la réaction instantanée, le procès permanent des uns par les autres, semblent chaque jour y prendre davantage le pas sur la raison éclairée par le long temps, la mémoire, la patience, la compréhension posée de la nature, de l'histoire et de la dignité d'autrui.
 
Saint-Malo a élu un maire. Quelque particulière qu'elle fût, l'élection de Monsieur Gilles Lurton a pleinement répondu aux exigences d'un scrutin démocratique constitutionnel.
 
Nul ne saurait par conséquent remettre en cause sans imprudence, sans légèreté, sans inconséquence, la légitimité du nouvel exécutif.

​Nous saluons le choix des électeurs : il s'impose à tous les démocrates.

Mais l'heure est à la mobilisation de tout un chacun, quelle que soit son orientation politique, sociale ou sociétale. Il convient aujourd'hui de redonner toute sa force à ce qui demeure moderne, neuf, transgressif, profondément exceptionnel :  l'idée d'un destin commun apaisé, fraternel, solidaire, à la fois fondé sur la volonté des citoyens de construire par et pour autrui et sur l'engagement des institutions qu'ils échafaudent à répondre pleinement à cette volonté. 
 
Le Parti socialiste malouin, humblement, à sa place, entend tirer toutes les leçons d'une situation dont il ne veut ni dissimuler -ni se dissimuler- le caractère critique.
 
Il prendra dans les jours, les semaines et les mois qui viennent, loin des combinaisons politiques superficielles, loin des sirènes démagogiques irresponsables, des initiatives visant à la démonstration de la haute vertu de la vie civique et des valeurs républicaines.
 
 
 

Alain Jaunault
28/06/2020

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04/07/2018