Avant de voter, ce dimanche, quelle démocratie voulons-nous ?

On nous promet un raz de marée "En Marche" à l'assemblée... où va notre démocratie ? Alors je repasse mon bac et tente une petite explication de texte en "philosophie politique"



Ce Samedi, dans son édito à la une de Ouest France, sous le titre "Objectif : le bien commun", François Régis Hutin veut nous rassurer sur le renouveau des pratiques démocratiques qu'autoriserait désormais l'avènement à l'assemblée nationale d'une écrasante majorité "en Marche". Il cite pour cela Cécile Muschotti, élue république en marche... qui s'exprimait dans une tribune de libération. Je ne sais pas vous, mais ce que dit cette dame m'effraie plutôt en m'éclairant complètement sur la vision de la démocratie libérée portée par Monsieur Macron. Démocratie libérée... des partis, des syndicats, de tous ces corps intermédiaires qui empêchent de discuter sereinement entre gens raisonnables qui veulent agir dans l'intérêt d'un projet commun : projet dont l'essence supérieure est indiscutable bien entendu !

Que dit donc madame Muschotti :

" En marche propose une nouvelle façon de penser la démocratie en laissant une place totale au débat d'idées et à la réflexion collective contre les batailles partisanes. Dans le groupe la république en marche il y aura des gens de droite, de gauche, du centre qui acceptent de travailler ensemble pour enrichir un projet commun. Il y aura plus de débats que dans un parti traditionnel. Quelque part on assainit le fonctionnement de la démocratie. Honnêtement il est encore difficile d'imaginer à quoi cela va rassembler mais on va enfin sortir du système stérile qui bloque le pays. Il y aura des espaces de débat avant d'arriver à la prise de décision au point d'équilibre. C'est un bol d'oxygène."

Ce qui m’effraie.

L'ambition politique est affirmée : ni plus ni moins "une nouvelle façon de penser la démocratie". Mieux encore la volonté "d'assainir son fonctionnement" (fichtre Héraclès Macron va mettre un grand coup de balai dans les écuries d'Augias). Plus de partis pour structurer des rapports de force et encadrer la pensée de ces libres individus élus qui bien sûr gardent leurs convictions. Peu importe ces petites différences de "tempérament" personnel, puisque c'est le projet commun, celui que porte le "président jupitérien", au dessus du lot, qui compte ! Et ce projet est ni de gauche, ni de droite, ni du centre, ce qui d'une certaine manière ne veut plus rien dire... Ce projet relève de l’intérêt supérieur (de qui ?) ! Ca ne vous rappelle rien ce genre de pensée ! Et elle ne se limite pas au seul champ de l’exercice de la démocratie : reportez là à l’entreprise et vous comprendrez la nature du nouveau système totalisant (non, je n’ai pas dit totalitaire...) qui inspire cette “démocratie nouvelle” : vive “l’entreprise libérée” qui permet la libre expression de chacun de ses membres et veille au bien être de tous, sans le filtre de syndicats (jamais d’accords entre eux) ou d’institutions représentatives du personnelle pléthoriques... voire même sans encadrement intermédiaire peu fiable... Simplifions, simplifions... la tâche des dirigeants;

Glissement de sens.

Et ce qui sans doute m'effraie le plus dans l'édito de Ouest France c'est le glissement qu'opère Monsieur Régis Hutin, dans son titre et sa conclusion entre "projet commun" et "bien commun". Toute la question est là : le projet néo-libéral porté par Emmanuel Macron et la République en Marche garantira-t-il la préservation et le développement des "biens communs" ? J'en doute fort... Pire, je crains que le modèle de démocratie - et plus généralement de gouvernance - que l'on veux nous vendre, empêche même de porter cette interrogation...

Mais bien sûr je suis perverti par l'idéologie ! qui ne peut-être que de gauche c'est bien connu...

Alain Jaunault,
secrétaire de la section de Saint-Malo du Parti Socialiste.

 
Samedi 17 Juin 2017
Alain Jaunault



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Jeudi 18 Juin 2020 - 15:50 Passage de relais.




LE BILLET

Municipales, fin ! Le PS animera, au cœur de la cité, une opposition active, critique et proposante.

Saint-Malo a élu un maire. Quelque particulière qu'elle fût, l'élection de Monsieur Gilles Lurton a pleinement répondu aux exigences d'un scrutin démocratique constitutionnel.

Le décrochage de la participation citoyenne rend historique, ce scrutin. Chacun de ceux qui animent la vie collective, depuis la belle idée de représentation de la volonté commune, est appelé à s'interroger sur le rôle qui peut être le sien au service de la restauration d'un lien civique des citoyens entre eux et des citoyens aux institutions républicaines.
 
Ce lien s'est incontestablement distendu. 
 
La persévérance individualiste, communautariste, corporatiste, claniste, tient aujourd'hui de plus en plus lieu de boussole au coeur de la communauté politique. La colère, l'amertume, l'adulation sans frein, la réaction instantanée, le procès permanent des uns par les autres, semblent chaque jour y prendre davantage le pas sur la raison éclairée par le long temps, la mémoire, la patience, la compréhension posée de la nature, de l'histoire et de la dignité d'autrui.
 
Saint-Malo a élu un maire. Quelque particulière qu'elle fût, l'élection de Monsieur Gilles Lurton a pleinement répondu aux exigences d'un scrutin démocratique constitutionnel.
 
Nul ne saurait par conséquent remettre en cause sans imprudence, sans légèreté, sans inconséquence, la légitimité du nouvel exécutif.

​Nous saluons le choix des électeurs : il s'impose à tous les démocrates.

Mais l'heure est à la mobilisation de tout un chacun, quelle que soit son orientation politique, sociale ou sociétale. Il convient aujourd'hui de redonner toute sa force à ce qui demeure moderne, neuf, transgressif, profondément exceptionnel :  l'idée d'un destin commun apaisé, fraternel, solidaire, à la fois fondé sur la volonté des citoyens de construire par et pour autrui et sur l'engagement des institutions qu'ils échafaudent à répondre pleinement à cette volonté. 
 
Le Parti socialiste malouin, humblement, à sa place, entend tirer toutes les leçons d'une situation dont il ne veut ni dissimuler -ni se dissimuler- le caractère critique.
 
Il prendra dans les jours, les semaines et les mois qui viennent, loin des combinaisons politiques superficielles, loin des sirènes démagogiques irresponsables, des initiatives visant à la démonstration de la haute vertu de la vie civique et des valeurs républicaines.
 
 
 

Alain Jaunault
28/06/2020

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04/07/2018